Spécial Noël : Naissance d’une passion pour les photos de chevaux

Religieuse ou non, la fête de Noël place l’enfant au coeur de toutes les attentions. On célèbre pour certains une naissance, et pour d’autres une forme d’innocence et la joie du partage. Je voulais donc aujourd’hui vous parler de poulains. Et pas n’importe lesquels. Ils sont quatre, de Camargue, et j’ai fait leur rencontre il y a deux ans. Ce sont eux qui, d’une certaine manière, sont responsables de la vie que je mène aujourd’hui à découvrir et vous faire partager en photo les chevaux et leur univers.

Tout a débuté sur un simple rendez-vous au lever du soleil avec un éleveur entre Aigues-Mortes et les Saintes Maries de la Mer. Nous faisons rapidement connaissance puis il me laisse seul au milieu des terres. Nous sommes au mois de janvier 2014 et l’air est plutôt frais. Le ciel est encore sombre mais le soleil ne devrait plus tarder à déployer ses premiers rayons sur cette Camargue qui me parle tant. Je n’avais jamais réalisé auparavant de photos de chevaux et je dirais même qu’une certaine angoisse m’habitait. Lorsque je découvre enfin quatre poulains et leurs mères au milieu des joncs, je reste tout d’abord à distance. Si je m’approche trop, je les fais fuir. A l’inverse, dès qu’ils s’approchent, pleins de curiosité, je recule d’autant plus, impressionné par l’animal.

Photo : poulain camargue auprès de sa mère
Photo : Poulain Camargue à la tétée, un oeil sur le photographe
Photo : Poulain Camargue auprès de sa mère, après la tétée...

Au bout d’un certain temps, une forme de communication s’instaure entre les chevaux et moi-même. Complètement intuitive et dénuée de mot, évidemment. Une communication à base de postures mais aussi de berceuses murmurées calmement. Le soleil monte relativement vite dans le ciel et je ne vois pas les minutes puis les heures passer. Je ne photographie pas beaucoup. L’instant se révèle pour moi tellement fort et émouvant que je veux aussi en profiter pleinement sans passer chaque seconde l’oeil dans le viseur de mon appareil photo.

Déjà je comprends que ce que je vis est un privilège. Mais je ne suis pas au bout de mes surprises. La distance est encore marquée. Les poulains jouent entre eux sans me quitter des yeux. Une pouliche part à la recherche de lait sous les flancs de sa mère. Puis elle m’observe une fois la tête au clair. Finalement, je décide de m’assoir par terre. Je pose mon appareil à même le sol et j’attends. J’osberve chaque détail, chaque lumière, chaque regard… Puis ce sont eux qui naturellement se sont approchés de moi. L’un des poulains est venu me lécher les bras, me sentir le cou pour finalement se coucher à mes pieds et s’endormir.

Photo : Deux poulains se reposent dans la paille au milieu des joncs
Photo : portrait d'un poulain camargue allongé
Photo : un poulain Camargue fait sa petite toilette avant de somnoler
Photo : Poulain camargue endormi à mes pieds

Les quatre poulains s’assoupirent plusieurs minutes et les juments, restées debout, continuèrent à pâturer tout en gardant un oeil sur mes faits et gestes. Tantôt debout, tantôt assis, je recherche toujours plus de proximité. Je me surprends même à vouloir faire partie de cette « famille » et, si seulement je le pouvais, je me blottirais contre l’un d’entre eux pour me reposer moi aussi.

Cela fait bientôt quatre heures que je partage le même espace avec ces chevaux. Il me suffit de tendre la main pour toucher le crin des poulains qui, un peu plus tôt, ne voulaient pas m’approcher. Le jour de Noël célèbre une naissance et une certaine forme d’innocence. Ce matin là, l’innocence m’envahit et je peux dire qu’une naissance a bien eu lieu. Celle d’une passion, ou plutôt d’une quête désormais quotidienne de l’émotion ressentie auprès de ces chevaux Camargue. La photographie, en quelque sorte, est un prétexte pour vivre cela encore et encore. Voilà d’où vient cette envie de vous apporter toutes les semaines de nouvelles photos de chevaux et les histoires qui les accompagnent…

A la fin de cette matinée bien particulière pour moi, le petit groupe s’est relevé en quelques mouvements après les longues minutes de repos. Le soleil a poursuivi sa route. Les chevaux s’éloignent d’un pas plutôt rapide à travers les joncs et me laissent seul assis par terre, les yeux encore brillants, baignant dans une véritable ivresse émotionnelle.

Photo : Deux juments surveillent les environs tandis que leurs petits se reposent
Jeremy Durand

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